Des contes sophrologiques pour les tout-petits

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Découvrez les contes sophrologiques pour les tout-petits ! A l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage “La sophrologie et le conte – Contes sophrologiques pour les maternelles 2 ans – 6 ans” aux éditions L’Harmattan, Michelle Van Hooland, sophrologue et conteuse, nous parle d’imaginaire, de créativité, d’écoute de soi, d’émotion, de concentration et aussi de respiration.

Comment devient-on conteuse ?

Enfant j’ai adoré les fables De La Fontaine et les contes du chat perché. Ce sont deux livres qui m’ont beaucoup marquée et que j’ai souvent relu et que je relis. Au cours de mon doctorat de psychologie de la santé, j’ai mis au point une méthode de travail auprès des adolescents placés en foyer de l’enfance. Il s’agissait de leur proposer de devenir auteur de leur vécu en les faisant devenir auteurs de leur conte. Ils racontaient leur vécu selon un schéma narratif spécifique et ils le transformaient en conte/histoire de résilience. Plusieurs ouvrages de leurs histoires ont été publiés.

Comment nourrissez-vous votre imagination ?

Mes contes sont essentiellement des contes avec des animaux car j’aime les animaux et être avec eux. Les animaux et mes interactions avec eux m’inspirent. J’ai des chiens depuis que je suis petite, je me promène donc tous les jours. Je n’écris pas en balade, je chante. Je chante des sons, des voyelles, des syllabes, des comptines, des petits refrains. Suivant les chiens, les endroits changent. Aujourd’hui, ayant un « chien d’eau », mes endroits de promenade sont rivière, lac, étang et mer et c’est très agréable, ressourçant, inspirant. J’ai eu une belle basse-cour, des chèvres et des chevaux de trait si bien que j’imaginais et j’imagine qu’ils se racontent leur vie à la façon de Jean de la Fontaine ou des contes du chat perché. J’apprécie mes interactions avec mon chien et mon chat et je m’amuse à les regarder interagir, et je m’amuse avec eux. Ensuite, j’aime les mots, les comptines et les refrains. Un conte peut partir d’un refrain qui me plaît, qui sonne bien. J’ai lu et je lis aussi beaucoup de contes. Ce sont plutôt des contes joyeux que je lis et que je crée.

Comment le conte permet-il d’approcher la sophrologie pour les tout-petits ?

Pour les tout-petits dès lors qu’ils tiennent l’équilibre, que la séance ne dure pas trop longtemps et qu’ils me connaissent (je travaille avec des associations d’assistantes maternelles depuis plusieurs années), nous pouvons avoir une séance en groupe par exemple et nous pouvons axer sur le schéma corporel avec la détente du corps, avec le doudou, une marionnette à main, une balle attractive (led ou avec des picots), une baguette magique, etc. Je le fais sur moi, je le fais sur eux et les assistantes maternelles le font sur eux lorsque j’ai assez de matériel. Les tout-petits sont attentifs. Je peux aussi leur proposer un parcours sensoriel avec matières et instruments de musique à bouger le corps. Ils sont attentifs. Les tout-petits sont libres de faire. Je constate qu’ils finissent par faire systématiquement d’eux-mêmes, avec moi ou avec l’assistante maternelle. Dans la mesure où l’inscription est libre, les assistantes maternelles demandent aux enfants s’ils veulent venir avec Michelle. Et avec 2 associations, je retrouve les mêmes enfants avec un retour positif des parents et des assistantes maternelles. Certains parents viennent à présent et m’ont demandé la possibilité d’avoir les exercices pour la maison. De même en cabinet, un petit restait sur sa maman, puis est venu s’assoir au sol puis a fait quelques mouvements, et enfin, a demandé à refaire un exercice respiratoire : souffler à manger dans la gueule du dragon. La mère était ravie car son petit garçon a beaucoup de mal à faire, il dit toujours non. La seconde fois, il a fait un peu plus, et la troisième fois aussi. Il se détend et a le sourire. De même avec les maternelles de 2 – 3 ans. Et avec les maternelles de 4 – 6 ans, il y a l’approche du corps, la respiration, la positivité, les émotions, la concentration, l’objectivité et développer des capacités. J’interviens le mercredi matin en périscolaire avec des petits de maternelle, ils peuvent être très tristes de laisser les adultes. Dans ce cas-là, je leur propose de vivre le conte avec moi ou de regarder et ensuite, nous faisons un ou plusieurs exercices ensemble. A l’inverse, ils peuvent être très agités car ils sont ensemble et ce n’est pas la « classe ». Dans ce cas, je choisis un conte qui permettra de se poser et de se concentrer. Dans la mesure où je suis conteuse depuis plusieurs années auprès des tout-petits et des petits, j’ai beaucoup de matériel. Ce matériel est nécessaire par exemple pour apprendre les exercices de respiration.

Y-a-t-il une façon particulière de lire les contes sophrologiques ?

Je ne lis jamais. Je conte. Je suis les personnages, je dis ce qu’ils disent, je bouge comme eux, je chante comme eux, je ris comme eux, je respire comme eux et les enfants sont invités à le faire avec moi lorsque je le fais une 2ème fois (je suis sur des contes qui sont des contes de randonnées, donc répétitifs pour les tout-petits et les petits). Et je conseille aux personnes de conter toutes les fois que c’est possible car lire les contes sophrologiques veut dire que l’on s’interrompt à chaque fois pour faire les mouvements. Je peux comprendre que cela ne soit pas facile d’apprendre plusieurs contes sophrologiques. J’ai pu lire qu’il existe différentes façons de faire ou dire des contes sophrologiques (c’est d’ailleurs ce que j’aborde dans le livre), les contes sophrologiques que je développe sont la séance, font la séance : après un dialogue, le conte sophrologique commence, le ton est celui du conte traditionnel, les pauses peuvent être uniquement pour expliciter le mouvement mais c’est toujours le conte car dans ce cas, c’est le personnage qui montre ce qu’il faut faire. Dans le conte, un personnage important récapitule les « outils » utilisés. A la fin de la séance, il y aura un dialogue. Pour les plus petits et pour certains exercices, après le conte, il peut y avoir des exercices de respiration pour apprendre l’inspir et l’expir : en donnant à manger à Sam l’hippopotame par exemple en inspirant des poissons en papier avec une paille et en soufflant les poissons pour les mettre dans la bouche de Sam. Lorsqu’il y a un parcours sensoriel et que je suis avec un groupe de 5-6 enfants, le parcours peut être fait soit à la fin du conte par les enfants, soit pendant le conte et nous reprenons le conte. Que ce soit en cabinet, en groupe périscolaire ou en classe, je conte et les enfants sont libres de faire avec moi en même temps que moi pendant le conte ; toutefois, à la fin du conte, je rappelle à travers la voix d’un personnage important, ce que le personnage a appris à faire (des exercices pour calmer une tension, une émotion par exemple). En classe, les enseignants sont partie prenante et les enfants font ; en cabinet, les plus grands font en même temps que moi ; certains petits peuvent regarder et faire ensuite, je leur laisse le temps. Nous touchons là au principe de l’adaptabilité qui est une notion essentielle aussi dans le conte.

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Quels peuvent être les bienfaits des contes sophrologiques ?

Avec une fratrie de garçon 2 ans et 4 ans, la maman voulait avoir « un truc » pour qu’ils apprennent à se poser, à se calmer. Elle souhaitait qu’ils puissent dire ce qui ne leur plaisait pas sans s’énerver. J’ai fait un conte avec un instrument en papier que les garçons ont utilisé pendant le conte en même temps que le personnage du conte : une sorte de mégaphone. Il s’agissait donc de reconnaître l’émotion et de l’exprimer pour ensuite pouvoir parler calmement. Le personnage chantait : « quand je suis en colère, je tape mes pieds parterre (petits sauts) et je chante ce ptit air : é i o ou aaaaaa, quand je suis calmé, j’ai toujours plein d’idées », je vérifie si je suis encore énervé, agacé, irrité et je recommence : « quand je suis en colère, je bouge mes poings dans l’air et je chante ce ptit air : é i o ou aaaaa et quand je suis calmé, j’ai toujours plein d’idées ». A la fin de la séance, je donne le mégaphone aux enfants. A la maison, les enfants se sont appropriés l’exercice : quand ils sont énervés, ils disent : « mégaphone !!!!! ». Ils vont le chercher et ils chantent : « é i o ou aaaa ». Et quand la maman voit qu’ils commencent à s’énerver parce que cela ne va pas assez vite selon eux, elle leur dit : « mégaphone ! ». De même, avec 2 jumelles, j’ai proposé dans le conte sophrologique Papiya et Bibébabobou d’appeler Ripitipli les soucis. Et l’après-midi, la mère m’a envoyé la photo de leur boite à soucis que les jumelles ont faites et 2 jours après, elle m’a envoyé une photo de la boite avec des objets dedans. Elles utilisent le crayon papillon pour retrouver le calme en faisant des 8 couché (voir ci-dessous).

Pourriez-vous partager quelques lignes d’un des contes de votre dernier livre ?

Avec plaisir, j’aime tellement partager les contes que je pourrais vous en proposer plusieurs mais puisque je viens de parler de Ripitipli les soucis, je vous propose un extrait du conte sophrologique Papiya et Bibébabobou.

Papiya le papillon et Bibébobou sont les meilleurs amis du monde. Mais aujourd’hui, Bibébabobou fait la moue. Il ne veut pas jouer. Papiya lui demande ce qu’il a mais Bibébabobou ne répond pas. Papiya cherche une idée. Papiya dessine des 8 couchés sur le sol. (Au préalable, j’ai fabriqué un papillon en papier que j’ai collé sur un crayon en papier et j’en donne aux enfants). Papiya fait d’un côté et de l’autre en respirant tranquillement. Et tout à coup, il a une idée.
– Est-ce que c’est la tempête dans ta tête ? C’est l’orage qui fait rage (mouvement du bûcheron), c’est l’ouragan avec le vent (torsion du buste, bras ballants), la pluie avec ses soucis (faire la douche avec les doigts sur la tête).
– C’est pas l’orage (boite à tonnerre), c’est pas le vent (tuyau harmonique), c’est la pluie et ses soucis (bâton de pluie).
– La pluie avec les soucis ! On va appeler Ripitipli ! Ripitipli les soucis ! (tambourin)
Sortir une boîte, du papier et des crayons ou le crayon papier.
– Bonjour ! Vous avez des soucis ? Moi Ripitipli, je prends vos soucis ! Écoutez-moi et puis, faites comme moi !
Ripitipli les soucis ! Ripitipli moi les soucis je les écris (gribouiller)! Ripitipli moi les soucis puis je les plie ! Ripitipli moi les soucis je les scie (les déchirer) ! Ripitipli en confetti ! Et sont partis !!!! (les mettre dans la boite). Mais il faut m’aider à les mâcher. Je prends de l’air avec mon nez, je retiens l’air et je gonfle ma bouche et je fais bouger la boule d’air en haut, en bas, à droite, à gauche et je souffle doucement lentement par la bouche en forme de paille. En tendant les bras devant soi, les soucis, pfffffffff partis loin d’ici.

 

> Pour découvrir le livre de Michelle Van Hooland “La sophrologie et le conte – Contes sophrologiques pour les maternelles 2 ans – 6 ans” aux éditions L’Harmattan : cliquez ici.

 

 

> Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site www.michellevanhooland.fr

 

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