Le lagopède alpin

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Aussi nommé “la perdrix des neiges”, le lagopède alpin appartient à la famille des galliformes dont font notamment partie les tétras dits coqs de bruyère, les faisans ou encore les cailles. Une espèce à surveiller…
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Le portail ornithologique Oiseaux.net et le Parc national des Ecrins nous en apprennent plus sur le lagopède alpin et sur les enjeux de protection de cet oiseau.

Lagopède alpin. Famille des Phasianidés. Ordre : Galliformes
Lagopède alpin. Famille des Phasianidés. Ordre : Galliformes

Description

Les lagopèdes ont l’allure générale de petits tétras ou de faisans. Contrairement à la plupart des oiseaux qui n’en ont que deux, les lagopèdes revêtent trois plumages au cours de l’année. En hiver, leur plumage est blanc pur, excepté la queue noire qui est présente chez les deux sexes pendants toute l’année. Les pattes sont fortement plumées et font office de raquettes, ce qui leur facilite la marche dans la neige molle. En été, les deux sexes sont barrés de taches brunes et noires indéfinissables sur le dessus. L’abdomen et le bord extérieur des ailes sont blanchâtres. Les femelles sont plus grossièrement marquées que les mâles. Les mâles attendent plus longtemps pour quitter leur livrée blanche d’hiver et revêtir leur tenue nuptiale. Ce délai supplémentaire entraîne un effet inattendu : une prédation plus importante des mâles par les rapaces car ils deviennent plus repérables, se fondant moins bien avec l’environnement qui a changé alors que les femelles sont quasiment invisibles. Les mâles portent sur le visage une strie noire qui part du bec jusqu’à l’œil et une caroncule rouge qui surmonte l’iris. En automne, l’ensemble de la livrée est grisâtre écaillée de blanc sur le dessus, le dessous demeure blanchâtre. Cette dernière livrée est la plus brève. […] Le lagopède émigre en bandes sur de courtes distances. Ils abandonnent les hautes terres où ils ont l’habitude de nicher pour hiverner dans les vallées ou les collines basses.

Alimentation
Les adultes sont presque exclusivement végétariens, alors que les poussins ont un régime animal spécifique assez marqué : insectes, araignées, escargots. Le régime principal d’été est composé d’un mélange de matières végétales aussi diverses que les myrtilles, les baies, les têtes de joncs ou de roseaux ou les plantes spécifiques de la haute altitude. Le régime d’hiver se constitue la plupart du temps de bourgeons, de chatons de bouleau nain, de bourgeons et de brindilles de saule.
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Reproduction et nidification
Les femelles nichent à terre dans une dépression peu profonde, garnissant le nid d’un peu de plumes et de matières végétales. Ce dernier est généralement placé sur un affleurement rocheux nu garni d’un peu de végétation. Comme elle recherche une certaine sécurité contre une éventuelle agression venant du ciel, la femelle construit le nid directement contre la roche. La ponte est composée de 7 à 10 œufs. L’incubation qui dure 21 jours est assurée par la seule femelle sans l’aide du mâle. Les poussins duveteux commencent à s’aventurer hors du nid dès le lendemain de l’éclosion. Ils sont capables de se nourrir et de voler au bout de 10 jours. La totale autonomie intervient dans un délai de 10 à 12 semaines.

Oiseaux.net (Lagopède alpin)
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C’est un oiseau mythique que de nombreux randonneurs rêvent de découvrir. Il occupe le haut de l’étage alpin ainsi que l’étage nival. Son habitat est composé essentiellement de rochers parsemés d’une végétation rase dans laquelle on retrouve communément la dryade à huit pétales (Dryas octopetala). En Europe occidentale, sa répartition est septentrionale. Il est principalement présent dans le nord de la péninsule scandinave, l’Ecosse ainsi que l’Islande. En France, on le rencontre uniquement dans les Pyrénées et les Alpes. Cette espèce du paléo-arctique est donc une véritable relique des dernières glaciations en Europe, les sommets froids de nos montagnes ayant servi de zone de refuge lors du retrait des glaciers.
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Une espèce à surveiller

Dans un contexte de changement climatique, l’avenir du lagopède alpin apparaît comme préoccupant. Pourtant, les menaces qui pèsent sur cette espèce ont également d’autres causes. L’une d’entre elle est le pâturage dans les zones de reproduction de cet oiseau qui niche au sol et qui est donc très sensible au piétinement du bétail (les brebis essentiellement). A cela vient s’ajouter la faible productivité (nombre de jeunes produits par an par rapport au nombre d’adultes) des populations méridionales (Alpes et Pyrénées) de notre pays. Des études entreprises dans la réserve naturelle de Sixt Fer-à-Cheval en Haute-Savoie démontrent, sur 15 années de suivi entre 1996 et 2010, une moyenne de 0,28 jeune par adulte. Les conditions météorologiques notamment en période de reproduction, le dérangement par les randonneurs, les skieurs et les chiens, enfin le prélèvement par la chasse sont autant de facteurs qui viennent aggraver l’état des populations.

Agir pour sa conservation
Le Parc national des Ecrins s’est attaché depuis de nombreuses années au suivi des lagopèdes dans le cadre de l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM) en participant notamment à des études de terrain qui permettent de mettre en évidence la tendance d’évolution des populations de lagopèdes. Concrètement il s’agit de compter le nombre de mâles chanteurs au printemps sur plusieurs sites témoins. La méthode est identique chaque année ce qui permet à long terme de constater l’évolution de ces populations témoins. Cependant, nos connaissances des effectifs restent encore incomplètes sur de vastes zones de son aire de répartition au sein du parc, notamment en raison de la difficulté de réaliser des inventaires exhaustifs en haute montagne. Pour mieux appréhender l’utilisation de l’espace et les causes de régression de l’espèce, une approche expérimentale a été tentée au parc national des Écrins pour la mise au point d’inventaire par échantillonnage. Son objectif, à terme, est d’avoir une vision du niveau d’abondance du lagopède et de localiser les principaux noyaux de population sur l’ensemble de son aire de répartition française. Des actions sont également engagées sur le terrain comme la mise en place de dispositifs de visualisation sur les câbles de certaines  remontées mécaniques, pour réduire la mortalité des oiseaux par collision. Au niveau agricole, plusieurs contrats sont signés avec des groupements pastoraux dont certaines mesures de gestion favorisent la conservation du lagopède : le report de pâturage, par exemple, laisse le temps au lagopède d’effectuer sa reproduction. Depuis 2009, le lagopède alpin fait partie des 10 espèces d’oiseaux retenues comme étant prioritaires dans le cœur du parc au titre de la directive « Natura 2000 ».

Parc national des Ecrins (Zoom sur le lagopède alpin)

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