Perception du temps : pourquoi finissons-nous par être déréglés ?

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Prendre la mesure du temps objectif, concrètement mesurable, et du temps subjectif, celui personnellement perçu, permet de mieux comprendre notre relation au temps. D’autant plus lorsque ce constat s’appuie sur une expérience concrète et insolite !

Cet article est un article-invité écrit par Louis BAUMSTARK du blog Slow World

Imaginez-vous être – pendant plusieurs semaines – dans une grotte souterraine à plusieurs dizaines voire centaines de mètres de profondeur… Une équipe vous surveille à la surface, vous n’avez aucun contact avec l’extérieur, aucune lumière du jour. Tout va bien pour respirer, boire ou manger. Vous pouvez transmettre des informations à votre équipe mais eux, ne peuvent rien vous transmettre. Au bout d’un certain moment, vous vous ennuyez un peu et pour vous maintenir en forme, vous décidez de vous mettre à creuser. Vous prévenez en surface que vous allez démarrer cet exercice pour qu’ils puissent lancer le chronomètre. C’est bon, ils sont au courant. Vous prenez votre pioche et c’est parti ! Au bout d’une heure environ, vous vous dites « Ok, c’est bon, j’en ai assez fait ». Vous n’oubliez pas de prévenir l’équipe à l’extérieur. L’expérience humaine est terminée. On vous remonte à la surface et tout le monde vous regarde étrangement… Vous n’avez pas pioché pendant 1 heure… mais pendant… 11 heures !

L’expérience de Michel SIFFRE

Cette histoire, en réalité, vous ne l’avez pas vécu… Mais Michel SIFFRE, oui ! C’est un spéléonaute qui a réalisé de nombreuses expériences dont celle que vous venez de lire. L’objectif était d’analyser la perception du temps pendant une activité lorsque les rythmes humains sont coupés des repères extérieursConclusion de cette expérience : Après un long moment sans avoir pu se resynchroniser avec la nature, le spéléonaute n’arrivait plus du tout à apprécier l’échelle du temps. Vous imaginez ?! Penser piocher pendant 1 heure alors que le temps effectif était de 11 heures ? Cette sensation d’avoir fait l’exercice pendant 1 heure, c’est ce que l’on appelle le temps subjectif.

Le temps subjectif

Pour vous expliquer ce qu’est le temps subjectif, je me suis intéressé aux travaux de Virginie VAN WASSENHOVE (Chef d’équipe Magnétoencéphalographie et Dynamique Cérébrale) et d’Etienne KLEIN (physicien & philosophe des sciences). Ces scientifiques travaillent tous les deux sur la notion de « temps ». Il existe 2 types de temps :
Le temps objectif (aussi appelé « temps physique »). C’est le « temps » qui est mesurable avec nos montres, des chiffres… Il est difficilement contestable puisque très cartésien.
Le temps subjectif (aussi appelé « temps psychologique »). Et ce « temps » est beaucoup plus subtil. Il n’est pas mesurable au sens où il s’agit de la perception du temps que l’on ressent personnellement à un moment « t ». Par exemple, lorsque l’on se dit « Waouh ! Ça fait 1 heure que je suis sur les réseaux sociaux, j’ai l’impression que ça fait à peine 15 minutes ! ». Dans cet exemple, on donne notre ressenti par rapport au temps subjectif.

Le piège du numérique

En dehors de l’expérience qui est hyper intéressante, si je vous ai parlé de tout cela, c’est pour le connecter au Slow. En fait, l’objectif de cet article est de mettre en évidence 2 points en appuyant mes propos sur des faits scientifiques.
1- Le fonctionnement de notre cerveau. Virginie V.W. explique dans ses travaux que l’une des théories pourrait être que « les neurones encodent le passage du temps avec une unité temporelle qui ne serait pas nécessairement la seconde ». D’où le fait que notre perception du temps (via le temps subjectif) varie en fonction des situations.
2- On peut comparer l’univers numérique d’aujourd’hui avec cette grotte où Michel S. a fait son expérience. Lorsque notre cerveau entre en connexion avec l’univers digital, il se synchronise avec cet environnement. C’est pour cette raison que le temps psychologique est très souvent différent du temps physique.
Par conséquent, plus vous serez en contact avec le référentiel « digital » plus le temps s’écoulera vite.

La solution Slow

Heureusement, il existe une arme redoutable à tous les niveaux ! Outre son apport de solutions aux problèmes environnementaux, économiques, humains… La philosophie Slow est également d’une aide incroyable pour éviter d’être déréglé. Le Slow préconise de rester connecté au maximum avec le réel et la nature. Ainsi, en vous synchronisant avec l’environnement extérieur, vous limiterez les dérives du numérique et ferez en sorte que le rapport « temps objectif » / « temps subjectif » soit à l’équilibre. Plus je travaille sur le Slow Movement, plus je constate que cette philosophie est une évidence pour l’avenir de l’humanité et de la planète.

Louis BAUMSTARK du blog Slow World

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