Le temps, un luxe invisible

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Il est des choses que l’on a sous le nez, dit familièrement, et que l’on ne distingue pourtant pas, ou pas à leur juste valeur. Notre temps fait partie de ces choses invisibles et en est même le moteur. C’est notre plus précieuse ressource et pourtant nous avons toutes les difficultés à le valoriser et à le défendre dans notre société en avance rapide. Le temps, un luxe à vous offrir absolument !

Le temps, un luxe

Cette ressource précieuse ne coute rien et pourtant n’a pas de prix. Et à force de lui courir après, on en vient à malmener son temps voire à le perdre inutilement. D’autant qu’en cherchant à suivre le rythme effréné, on s’épuise sur la durée. En fait, la pression du quotidien peut venir à bout de notre légèreté, de notre enthousiasme et on peut s’apercevoir que de simples moments de plaisir deviennent des tâches supplémentaires à gérer. Une course infernale dans laquelle on ne parvient plus à s’épanouir et qui plus est, peut nuire à notre santé. Pris dans cette spirale quotidienne, certains troubles peuvent apparaître tels que des troubles du sommeil, de la digestion, de l’anxiété, des douleurs musculaires et parfois jusqu’au burn out. Prendre le temps est la réponse à de nombreux maux. Pour conserver du sens dans ses actions, il est indispensable d’être au clair avec soi-même et ainsi d’avoir du recul sur les choses.

” En l’occurrence, mon histoire m’a révélé que ceux qui refusent de céder à l’urgence, qui ne cherchent pas à gagner du temps et ne s’agacent pas lorsqu’ils ont la sensation d’en perdre… ne sont pas pour autant moins enthousiastes ou moins efficaces. Ils ont simplement compris quelque chose de précieux : c’est en prenant son temps qu’on l’occupe de la manière la plus sereine, durable et pertinente qui soit. Et que l’on se sent vivre, vraiment. ” Nelly Pons, Choisir de ralentir.

La relation au temps selon les cultures

La relation au temps s’est construite au fil des siècles, au départ avec les calendriers qui étaient utilisés pour rythmer la culture de la terre puis en 1876 avec l’apparition du tout premier réveille-matin. Dans le livre « Catégories de temps et relativités culturelles » l’auteur Edward T. Hall explique qu’il existe deux modèles d’organisation du temps en fonction des cultures :
le système monochrone est courant en Europe du Nord et Amérique du Nord. Il consiste en une gestion du temps linéaire et séquentielle. En d’autres termes, l’heure c’est l’heure !
le système polychrone correspond plus à une vision méditerranéenne. Michel Sauquet et Martin Vielajus auteurs du livre « L’intelligence interculturelle » expliquent que dans ce système les individus « tendent à mettre plus en avant le temps de la relation que le temps plus « artificiel » de la montre ».
Une bonne gestion du temps se situerait-elle à mi-chemin entre les deux ?

En tous les cas, même en parlant le temps compte :

” Les mots suivent le rythme que notre siècle impose. On raccourcit tout, on parle avec un langage elliptique, c’est du wesh, c’est du wouaw, c’est du bash ! On utilise des mots brefs, des mots qui frappent, on n’ plus le temps de développer […] Et dans cette instantanéité, les termes appropriés à chaque situation sont bien souvent oubliés. Encore une fois, on n’a plus le temps ! ” Lorànt Deutsch, Romanesque

Maximisation du temps

On parle de temps objectif ou « physique » qui désigne le temps mesurable notamment avec une montre et de temps subjectif ou « psychologique » qui désigne quant à lui le temps ressenti. Celui-ci n’est pas mesurable, c’est une perception. Cette perception du temps varie en fonction des situations que l’on vit. On a par exemple tendance à voir le temps défiler lorsqu’on se plonge dans son écran de smartphone… Pourtant depuis un certain temps la création de nombre d’appareils ménagers nous ont fait gagner du temps à l’image de la machine à laver, mais aussi de la voiture ou des transports en commun qui nous font nous déplacer de plus en plus vite. Il n’empêche que nous avons la sensation de ne jamais avoir assez de temps dans une journée.
En fait, nous en sommes venus à sans cesse gonfler notre productivité, autrement dit à toujours vouloir faire un maximum de choses en un minimum de temps. Dans cette maximisation du temps – à force de le séquencer et de le mettre à profit – les tâches s’accumulent et on ne vient jamais vraiment à bout de TOUT ce que l’on a à faire.

Une idée-clé à conserver précieusement : ce n’est pas parce que l’on vit à 100 à l’heure que l’on vit à 100%.

Prendre le temps, la clé du bonheur

Lorsque l’on prend le temps, on est plus à même de prendre du recul, de s’écouter et cela permet de vivre plus en cohérence avec soi-même en valorisant ses aspirations profondes au quotidien. Prendre le temps de renouer avec soi-même, de s’épanouir dans son travail, de renforcer les liens, d’améliorer sa qualité de vie. Car il est des choses qui ne se minutent pas, qui nécessitent du temps pour être réalisées avec soin et pour être vécues pleinement. D’ailleurs l’on se rend compte facilement que lorsqu’on fait les choses en vitesse il est souvent nécessaire d’y revenir dessus justement par manque de soin et d’attention. De même on peut s’apercevoir que lorsqu’au travail on ne parvient pas à avancer sur un dossier, le fait de faire quelques pas ou d’aller prendre l’air à la pause-déjeuner permet de débloquer une situation une fois de retour au bureau et finalement dope notre efficacité. Prendre le temps nous réussit. Dans un mode de vie inspiré par la slow life, prendre le temps nous rend heureux.

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Retrouver son temps

Défendre son temps, se dégager du temps, oser prendre du temps pour soi et s’ancrer dans l’instant présent, 4 pistes à découvrir :

Défendre son temps

Il est plus connu de défendre ses biens matériels que de défendre son temps. Cela signifie de prêter attention notamment à tous les mangeurs de temps. Les nouvelles technologies, les écrans sont souvent en haut de la liste mais d’autres discrets voleurs sont aussi à démasquer pour retrouver son temps. Il s’agit par exemple des urgences qui n’en sont pas vraiment ou encore de ces moments où on souhaiterait dire “non” (à une invitation à dîner par exemple) mais où l’on dit “oui” par correction alors que l’on aurait souhaité prendre du temps pour soi. Autre mangeur de temps qui fait peut-être partie de votre quotidien : les interruptions au travail qu’elles soient de nature virtuelle (la sonnerie indiquant l’arrivée d’un nouveau mail) ou relationnelle (interruption due aux demandes répétées de collègues par exemple). Cette “déconcentration” fait ainsi perdre un temps précieux. Démasquer les mangeurs de temps, un objectif concret que l’on peut se fixer.

Se dégager du temps

Tout un art à apprivoiser ! Prendre (enfin) du temps pour soi nécessite quelques aménagements dans son planning. Un premier pas en ce sens est d’identifier clairement ses priorités pour ensuite leur offrir la place qu’elles méritent dans son emploi du temps. Comment ? Cela nécessite un certain lâcher prise. Car forcément pour faire de la place dans son planning, il est question de choix. Prendre conscience que l’on ne peut pas tout gérer, que certains tâches peuvent attendre (et ne sont pas forcément des urgences ou obligations) est un moyen d’enclencher cette nouvelle dynamique. Et lorsque l’on parvient à se dégager du temps ce n’est pas pour le combler immédiatement par des “tâches réflexes”. Il s’agit là de s’écouter

Oser prendre du temps pour soi

Bien sûr il ne s’agit pas de devenir autocentré en parvenant à retrouver son temps, mais s’offrir des espaces de temps choisis est particulièrement important. Ces bulles de lenteur qui peuvent d’ailleurs être partagées (prendre un thé avec un(e) ami(e), dessiner avec ses enfants et bien d’autres) invitent à se recentrer sur ses essentiels, sur ce qui compte vraiment pour soi et ce qui nous fait du bien. Pourtant prendre du temps pour soi n’est pas chose aisée lorsque la culpabilité débarque. Après tout pourquoi profiter d’une agréable sieste récupératrice à la pause-déjeuner alors que j’ai tant à faire… C’est sans compter sur le fait que ces temps sont fondamentaux pour renforcer sa vitalité et garder une bonne forme sur le long terme. Ils sont aussi profondément ressourçants, permettent tantôt de faire le point, de “ne rien faire”, de se consacrer à un projet personnel, de prendre du temps de qualité avec ses proches ou encore de pratiquer une activité enrichissante. Autant de bonnes raisons de prendre régulièrement du temps pour soi et de constater qu’au fur et à mesure la culpabilité s’amenuise. Et durant ce temps que l’on se consacre, pourquoi ne pas s’adonner à des activités contemplatives pratiquées dans le seul but de se faire plaisir ?

L’ancrage dans l’instant présent

Pour savourer pleinement son temps, ce luxe invisible, quoi de mieux que de s’ancrer dans l’ici et maintenant ? Cette capacité de pleine conscience existe en chacun de nous et ne demande qu’à être entraînée pour se développer. Vivre pleinement le présent passe notamment par être à l’écoute de soi, de son corps, de sa respiration, de ses sens. La méditation de pleine conscience pratiquée régulièrement invite à ce recentrage. Renforcer sa qualité de présence c’est prêter plus d’attention à des choses simples du quotidien. C’est par exemple être vraiment là lorsqu’un ami nous parle en étant réellement à son écoute sans être distrait par son smartphone ou encore en préparant le dîner en étant relié à chacun de ses gestes ainsi qu’au parfum des produits cuisinés.

Savourer au mieux notre précieux temps, en voilà une bonne résolution à concrétiser dès maintenant.

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3 Responses

  1. Carole

    Rien que lire cet article m’a posée ! Merci pour ce rappel en ce lundi matin où la course folle peut déjà nous happer…
    Oui le temps est précieux et chacun peut trouver comment en prendre soin.
    Je trouve aussi que le téléphone portable, avec toutes ses applications possibles est un mangeur de temps si on le laisse prendre le pouvoir. Du coup je l’oublie volontairement plusieurs fois dans la semaine pour être tranquille et reprendre mon temps.
    La marche aussi est géniale pour retrouver un temps “humain”. Marcher au long court (ça peut être le temps d’un week-end aussi) permet de se dégager des moyens modernes de déplacement et se rendre compte à quel point cela contribue à l’accélération. Sensation forte garantie quand vous remontez en voiture après 4 jours à marcher !
    Et pour finir ma devise : “perdre du temps pour en gagner”, c’est juste se poser pour décider de ses priorités et donc aussi de faire des choix dans les activités ou encore mieux s’organiser et avoir ainsi la sensation d’être maître de son temps au lieu de subir…
    Belle journée

    • laslowlife

      Bonjour Carole, et merci pour ces inspirations supplémentaires ! “Perdre du temps pour en gagner”, on peut parfois avoir du mal à y croire et pourtant c’est bien vrai ! Prendre son temps, oser “ne rien faire” renforce notre bien-être en même temps que notre efficacité. Belle journée slow 😉

  2. Julie

    Pendant longtemps, j’ai couru après le temps. Dans mon esprit c’était: il faut que j’en fasse un maximum avant de mourir… (Pas très joyeux mais très vrai). Je n’étais pas heureuse et j’étais dans une souffrance extrême. Un mode de vie plus slow me faisait de l’oeil mais je ne savais pas comment y accéder. J’ai changé de vie radicalement. J’ai voyagé. Et partiellement grâce au voyage, j’ai appris à redéfinir dans mon esprit mon rapport au temps. Je reste attachée aux horaires, à la ponctualité, au respect des deadlines. En revanche, si mon bus met 4 heures au lieu d’une, ce n’est pas un drame. C’est une opportunité différente qui s’offre à moi. 😉 L’ancrage dans le présent, je n’ai pas encore le réflexe. J’essaye de le faire le plus possible, mais faut-il y penser… Pourtant il y a tellement de bénéfices…
    En tout cas, un grand merci pour cet article inspirant!

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